Le groupe de l’entraîneur-joueur Chris Chatel ont atteint leur objectif de montée au deuxième échelon du roller hockey français après une saison parfaite.

Le chemin est long et tortueux pour atteindre l’objectif annoncé de la montée en Nationale 1, un niveau que Seynod n’a plus connu depuis 2020. D’abord une saison régulière comme premier écrémage pour les trente-deux équipes engagées sur la ligne de départ puis trois tours de playoffs à quatre participants pour se hisser parmi les deux finalistes qui gagneront le droit de la promotion en Nationale 1.
De fin septembre à fin mars, les coéquipiers du capitaine Romain Verger ont dominé la poule 2 à l’image d’un écart moyen de plus de cinq buts par match lors des sept premières journées. En parallèle, la Coupe de France proposait deux défis majeurs aux Haut-Savoyards dans leur complexe Max Décarre en novembre et décembre : les Krokos de Nimes (dernier de Nationale 1) au deuxième tour et une qualification maîtrisée (8-6 après une avance de 8-4 à sept minutes de la fin) puis les Yetis de Grenoble (quatrième de la poule élite) qui sont finalement sortis vainqueurs d’un match défensif et disputé (2-3) sans jamais avoir mené de plus de deux buts face aux exploits du gardien Mathis Michel. « La Coupe de France nous a permis de nous situer et de confirmer la solidité de notre parcours en saison régulière« , se rassure l’entraîneur-joueur Chris Chatel à un moment de la saison où tout se déroulait à merveille.
Le début de l’année 2026 était plus accroché avec trois succès d’un seul but d’écart à Lyon, Besançon et contre Moutiers, à chaque fois menés 4-1 ou 3-1 avant de renverser la partie. La seule défaite de la saison régulière lors de l’ultime journée contre Grand Lemps (5-8) était sans importance avec une forte rotation de l’effectif et aucun enjeu car la première place était sécurisée depuis plusieurs semaines tout comme la qualification en playoffs.
Place alors à cet exercice si particulier des tours à élimination directe à partir de la fin avril 2026. Le quart de finale se voyait délocalisé à La Chapelle sur Erdre, tout proche de Nantes (le terrain seynodien étant jugé trop petit pour les finalités). Peu importe pour le très homogène effectif seynodien qui faisait le travail en remportant les deux premières rencontres avec cinq buteurs différents et une grosse défense contre Montpellier (5-0) et Ris Orangis (5-2). Deux semaines plus tard, direction Gennevilliers pour la demi-finale face des adversaires plus forts et bien connus car proches géographiquement. Même scenario avec deux victoires lors des deux premières affiches, plus serré face au répondant de Saint Bonnet (6-4) et sans contestation contre Moutiers à l’image du quintuplé en vingt minutes d’Ivan Gusse (7-3).
La grande finale du championnat de France de Nationale 2 prenait place dans le pays Basque sur le dernier week-end de mai, dans la salle Pignada d’Anglet. Même format que les deux tours précédents avec trois rencontres au programme avec l’enjeu de la promotion en Nationale 1 pour les deux meilleures équipes en dehors d’Angers (réserve d’un club élite et donc empêché de monter) et le titre de champion de Nationale 2. Seynod retrouvait deux adversaires déjà rencontrés lors des tours précédents, à chaque fois lors du troisième et dernier match sans enjeu. « On ne voulait pas dévoiler nos combinaisons donc on avait fait tourner l’effectif contre La Chapelle et Gennevilliers, espérant aussi que ces deux équipes arriveraient confiants face à nous en finale« , concède le prévoyant Chatel. Lavanant, Gusse et leurs coéquipiers faisaient respecter la hiérarchie contre Gennevilliers qui avaient concédé six défaites en saison régulière (6-3) et étaient alors assurés de leur ticket pour la Nationale 1 quelques heures plus tard quand Gennevilliers s’inclinait à nouveau contre La Chapelle. Un sentiment probablement un peu contradictoire après la défaite de Seynod contre la réserve d’Angers (2-6) : « On a raté ce match avec notre équipe type et beaucoup de pénalités mais on a aussi compris que, si on reproduisait ce qu’on avait tous raté, on n’arriverait à rien le lendemain. Cette défaite nous a aussi donné le sentiment d’être dos au mur et d’une revanche espérée pour aller chercher le titre. »
Le dimanche 31 mai, Seynod s’imposait à 9h du matin contre La Chapelle (5-3) en menant 3-0 après le premier quart d’heure et pouvait donc se projeter sur la grande finale contre la réserve d’Angers qui les avait dominé la veille au soir et qui possédait dans ses rangs trois des quarts meilleurs pointeurs de la saison (Albert, Parviainen, Eon). Le premier cité claquait même un triplé pour mettre les favoris annoncés en tête (3-1 puis 4-3 en début de deuxième acte). « On a senti qu’Angers ne jouait pas comme la veille, n’arrivait pas à mettre autant d’intensité et n’osait pas aller autant à l’attaque. Bizarrement, même menés, on était serein et on faisait un bon match« , décrit Chris Chatel qui se muait en sauveur de la patrie en marquant deux buts en une minute pour faire basculer la partie du bon côté (5-4, 34e). Il poursuit : « il restait six longues minutes, on prend une pénalité dans la dernière minute mais ils ne sortent pas leur gardien pour jouer la double supériorité numérique« . S’en suivait les émotions très fortes d’un titre de champion de France de Nationale 2, obtenu à l’autre bout de la France après un parcours quasi-parfait de huit mois et vingt-cinq rencontres disputées.
A partir de septembre prochain, la suite s’écrira en Nationale 1 avec un effectif très stable emmené par Michel, Mousset, Chatel, Gusse, Perrée, Verger, Lavanant, Saint Julien, Fery, Mercier Della Nave, Trioullier, Cirelli et des recrues à venir qui évolueront parmi les vingt-six meilleurs clubs de France, la nation référence du roller hockey dans le monde.